L'histoire du jean

Au départ, la matière jean provient de la toile de coton mélangée à de la laine ou du lin pour créer la « futaine ». Elle a été d’abord produite par les Italiens, puis exportée en Angleterre par le port de Gênes d’où viendrait le mot « jeane » et donc « jean » avec un accent anglais !

Photo by Matthew Henry from Burst

En 1853, Levi Strauss, né en 1829 en Bavière (Allemagne), se lance dans la confection et la vente de pantalons et salopettes à partir de la toile de laine et de lin composant les tentes fabriquées en Angleterre. À cette époque, les jeans sont de couleur marron et non pas bleue et ses créations sont vendues sous la marque Levi Strauss & Co.

Dans les années 1860, ce Monsieur s’inspire de la technique du serge de Nîmes, une méthode de tissage venue du Sud de la France, pour faire des jeans en denim, à base de coton. Le terme « denim » est donc la contraction de « de Nîmes ».

Jacob Davis, lui, est un tailleur du Nevada né en 1834 à Riga. Un jour, un client lui demande un jean plus résistant au niveau des poches et de la braguette, c’est ainsi qu’il a l’idée de le renforcer avec les moyens du bord : des rivets de cuivre. Par la suite, d’autres tailleurs commencent à s’inspirer de son idée, c’est pourquoi J. Davis prend l’initiative de breveter son invention. La démarche étant trop coûteuse pour lui (68$), il contacte Levi Strauss, un homme riche qui lui fournissait les toiles avec lesquelles il fabriquait ses vêtements, pour développer ce commerce. C’est ainsi qu’ils s’associent et déposent ensemble, le 20 mai 1873, le brevet de leur jeans à poches rivetées à l’Office Américain des brevets et des marques (brevet 139.121).

Entre 1848 et 1855, plus de 300 000 personnes se lancent dans l’aventure de la ruée vers l’or : les mineurs veulent tous faire fortune. Ainsi, le produit le plus vendu de Levi Strauss & Co est un pantalon à bretelles très résistant, idéal pour les rudes conditions de travail. Les jeans vendus sont parés d’un double fil orange cousu sur les poches et d’un patch en cuir au niveau de la ceinture, dans le but de garantir l’authenticité du produit. Le temps passe et la période de la ruée vers l'or s’achève. Heureusement pour Davis et Strauss, l’ère du chemin de fer leur a permis de perpétuer leurs ventes de pantalons. Petit à petit, avec l’industrialisation, les pantalons désormais vendus 1,25$ sont fabriqués en plus grande quantité.

Au fil du temps, chacun s’est approprié le jean indestructible : ouvriers, agriculteurs, cowboys… et même l’armée durant la 2nde guerre mondiale.

C’est dans les années 1890 que le brevet de 1873 expire. Les autres entreprises peuvent donc désormais s’approprier l’invention de Davis, et c’est ainsi que des marques telles que "Lee" voient le jour. Lee conçoit d’ailleurs en 1926 le premier jean avec braguette zippée qui remplace les boutons. Et en 1934 apparaît le tout premier jean pour femme !

Dans les années 1940-1950, le jean est à son apogée ; les jeunes Américains se sont tous appropriés le jean, tout comme leurs idoles de l'époque : Elvis Presley ou encore James Dean.

Ce vêtement devient vite un symbole de révolte et de rébellion pour les jeunes générations. Il se vend et se porte dans le monde entier, chacun y trouve un avantage, ainsi, le jean perd peu à peu son côté rebelle. Aujourd’hui, on le retrouve porté à toutes les occasions et par toutes les classes sociales : 2 milliards de jeans seraient vendus chaque année. 

Jean ou jeans?

  • Le jean

Le jean est une toile qui a été utilisée dès le Moyen-Âge pour confectionner des vêtements. La toile de jean est unie : tous les fils sont de même couleur et teinté à coeur. Peu de temps après, le jean était composé uniquement de coton.

  • Le jeans

Le jeans tel que nous le voyons aujourd'hui désigne un pantalon en toile de jean d'une coupe particulière avec coutures apparentes et poches devant et derrière. Le mot "jeans"est un terme commercial qui apparaît à partir des années 1930 dans les catalogues de mode. Petit à petit, le jeans n'est plus porté pour une question pratique (le travail), mais pour une question de mode. Les fabricants ont donc par la suite privilégié le denim (tissu de coton) qui est plus confortable que le jean. Aujourd'hui, les jeans ne sont donc plus en jean mais le mot "jeans" est resté. Levi Strauss lui, considérait qu'un pantalon en denim est un "overall" et non un "jeans".

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